L’écriture : un rapport à soi et au monde

Tout écrivain est animé par des motivations lorsqu’il prend la plume. De manière non-exhaustive, certains le font par pure envie d’écrire, d’autres pour être connu et reconnu, d’autres encore pour être tout simplement lu. La motivation que je retrouve le plus souvent en discutant avec d’autres auteurs est le souhait de faire rêver son lecteur, et je me reconnais là dedans ! ça fait toujours chaud au cœur de voir des lectrices et lecteurs prendre plaisir à découvrir l’univers qu’on a créé et y ressentir des émotions. Je t’avais expliqué dans un précédent article pourquoi j’avais choisi l’autoédition pour publier mes textes, avec ce billet je souhaite te partager les motivations profondes qui me poussent à écrire.

Un art qui ne ressemble à aucun autre

Pour être honnête avec toi, je n’ai jamais été un très grand lecteur. Bien-sûr je lis quelques romans (surtout du young adult !) mais je préfère les jeux vidéo et les animes pour découvrir de nouvelles histoires. En revanche, j’ai toujours eu un rapport singulier à l’écriture. Enfant, j’adorais déjà écrire de petites histoires sur des bouts de papier ! Même pendant mes études je n’ai rien perdu de cette passion, mais d’une manière différente : en licence de philo j’écrivais pour analyser des œuvres et coucher sur le papier ma pensée. Et par la suite, lors de mes premiers jobs en communication digitale, j’ai écris pour rédiger les pages web ou les articles de blog d’une entreprise. Toutes ces expériences ont été très enrichissantes pour moi et ont façonné mon style d’écriture, mais raconter des histoires me manquait terriblement …

Depuis l’adolescence, j’avais l’idée d’une machine capable de contrôler la nature, cette idée est restée dans un coin de ma tête et a germée peu à peu au fil des ans. Je n’avais pas le temps de travailler dessus, du moins c’est l’excuse que j’avais tendance à me raconter … Pour dire vrai, je crois que j’avais un peu peur de me lancer à l’époque : montrer au public ses premiers textes ne va pas forcément de soi ! C’est lorsque j’ai fini mes études, il y a tout juste un an à l’heure où j’écris ce billet, que je me suis décidé à réaliser ce projet. Il s’agit d’ « Écosphère ». J’ai choisi de raconter cette histoire sous la forme d’un récit car je trouve qu’il y a quelque chose de particulier dans l’écriture de romans (ou dans mon cas de novellas) : contrairement à d’autres formes de narration comme la BD, le jeu vidéo ou encore le cinéma, la communication avec le public passe non pas par l’image mais directement par les mots employés par l’auteur. Ces mots donnent la possibilité au lecteur d’imaginer le monde dans lequel il est plongé. Dans les autres arts que je viens de citer, c’est l’interprétation d’un réalisateur ou d’un dessinateur qui fait foi ; avec une oeuvre littéraire, le lecteur est libre de se faire sa propre interprétation ! C’est ce qui fait d’après moi toute la magie de la littérature.

Illustration de @carlotta_notaro sur Instagram

J’ai aussi le sentiment qu’il y a quelque chose d’intime dans l’écriture. En effet, l’auteur va pouvoir transmettre des sentiments qui l’animent en son for intérieur. Il ne le fait pas directement comme dans une autobiographie, mais à travers son univers et ses personnages. Un très bon exemple est J. K. Rowling. En plus de son talent littéraire c’est son vécu difficile qui a insufflé à la saga Harry Potter ce ton à la fois sombre et poétique. Son exemple m’inspire a essayer de faire de même avec mes propres épreuves, notamment le rapport à la maladie ou à la mort. Il parait que l’on écrit ce dont on ne peut parler, je ne sais plus qui a dit ça ! En ce qui me concerne, l’acte d’écrire ne me permet pas simplement de canaliser des douleurs mais surtout de raconter, à travers mes personnages, comment les surmonter. La résilience est une valeur qui m’est chère. Ce n’est pas forcément flagrant dans le tome 1 d’Écosphère car il présente l’univers et les héros, mais cette dimension prendra tout son sens à partir du tome 2. Par contre, si tu as lu le tome 1 tu as peut-être remarqué qu’il n’y a pas de mentor, comme c’est le cas dans la plupart des oeuvres de fantasy ou de SF : dans « Le Seigneur des Anneaux », Gandalf guide Frodon dans sa quête, dans « Star Wars » c’est Obi Wan qui initie Luke Skywalker. J’ai voulu rompre un peu avec ce modèle : ce ne sont pas les enseignements d’un mentor qui amènent mon héroïne à évoluer, mais ses rencontre et surtout l’adversité qu’elle va chercher à dépasser. Ce qui m’intéresse c’est de se chercher par soi-même. Tu me suis ? 😉

Toucher à la fois le cœur et l’esprit

Un point que j’affectionne enfin dans la littérature est qu’elle permet de partager au lecteur une vision du monde, comme cela a notamment été le cas dans les contes philosophiques du dix-huitième siècle mais également dans la dystopie. 1984 en est un bel exemple ! J’aime beaucoup cette approche dans la mesure où elle permet à l’oeuvre de ne pas seulement faire rêver mais également faire réfléchir sur des sujets importants. C’est ce que j’ai essayé de faire avec le thème du destin dans le tome 1, Arane est destinée à rejoindre la Ligue verte alors qu’elle rêve d’être ingénieure. Elle rejette son destin et sa différence, et ce thème sera le fil rouge de la série : j’essaye d’aborder l’équilibre entre destinée et liberté. Dans le tome 2 je vais m’intéresser au thème de l’injustice, surtout le sexisme et les inégalités sociales. Quand Arane arrive à Cosmopolis, une cité suspendue sur la cime des arbres, elle découvre une société profondément inégalitaire : les gens nés sans Affinités, tout comme elle, sont les esclaves de ceux qui sont nés avec la marque. Ils remplissent pour ces derniers les tâches les plus ingrates et dégradantes. Elle découvre aussi une Ligue verte où le sexisme est la norme, les femmes n’ont par exemple pas le droit au port d’armes et se voient automatiquement refuser le titre d’officier. Très turbulente dans le tome 1, ce sont ces injustices qui vont commencer à forger l’état d’esprit d’Arane en tant qu’héroïne.

J’espère ne pas avoir trop divagué mais ces sujets me passionnent tellement que j’avais envie de partager tout ça avec toi et que tu saches pourquoi j’aime tant m’adresser à la fois à l’esprit et au cœur grâce à l’écrit. Maintenant je suis curieux de savoir quel est ton rapport à la littérature ! Qu’est-ce qui te fais vibrer dans la lecture d’un roman ? 🙂

2 commentaires sur « L’écriture : un rapport à soi et au monde »

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